LE RÉSEAU IN-TERRE-ACTIF

Un outil d'éducation et d'engagement pour de jeunes citoyens solidaires

Dossier : L'Histoire de la traite des Noirs et de l'esclavage

primaire    secondaire 1e cycle 2e cycle
  1. L'Histoire de la traite des esclaves africains
  2. L'Histoire des Noirs au Québec en 10 questions
  3. Les impacts culturels de la traite des Noirs

Histoire du commerce triangulaire : Visitez cette section de la trousse sur l'histoire de la mondialisation


L'Histoire de la traite des esclaves africains

Entre le 15e et le 19e siècle eut lieu un événement qui marqua l’histoire de l’humanité : " La traite des Noirs ". À cette époque, les Européens amenèrent entre 10 et 12 millions d’esclaves africains en Amérique, par bateau. Cet événement a marqué de façon particulière le cours de l’histoire sur tout le continent américain.

Pour bien comprendre les raisons qui ont poussé les Européens à soumettre tant d’Africains à l’esclavage, il faut se remettre dans le contexte du moment. En effet, à cette époque, plusieurs grands pays européens, désireux de s’approprier davantage de territoires et de richesses, ont mis en branle des expéditions visant à découvrir de nouvelles terres à exploiter. Les pays européens ont donc envoyé des colons pour peupler les nouvelles colonies européennes d’Amérique. Les colons avaient le mandat d’exploiter ces nouvelles terres étrangères et d’en tirer des ressources naturelles (or, argent, café, sucre, coton), qui allaient permettre aux Européens de s’enrichir.

Cependant, pour effectuer tous ces travaux, les colons ne suffisaient pas. Ils devaient absolument trouver une autre source de main-d’œuvre pour réaliser les travaux difficiles et ardus à leur place. Le travail était extrêmement difficile physiquement et les conditions s’avéraient misérables car pour que cette entreprise soit rentable, la main-d’œuvre ne devait pas être coûteuse pour les Européens.

 

Par ailleurs, il est important de savoir qu'à cette époque, les territoires d’Amérique du Nord et du Sud étaient déjà habités depuis longtemps par différents peuples autochtones et ce, avant même l’arrivée des Européens. Ces autochtones avaient construit leur propre société, régie par leurs propres règles. C’est vers eux que les colonisateurs se sont d’abord tournés pour trouver la main-d’œuvre qu'ils cherchaient. Les colons ont alors forcé les autochtones à travailler pour eux.

Cependant, les autochtones n’étaient pas habitués à des conditions de travail aussi intenses et difficiles. Ils ont rapidement tous été exterminés, principalement tués au travail, les conditions étant trop dures. Plusieurs ont aussi succombé à des maladies amenées d’Europe par les colonisateurs et contre lesquelles les autochtones n’avaient aucune défense.

Quand il ne resta plus d’autochtones, les colonisateurs se tournèrent vers l’Afrique. Ils y trouvèrent des hommes forts qu’ils embarquèrent de force sur des bateaux appelés " négriers ". Ces Africains se retrouvèrent dans plusieurs régions de l’Amérique : les États-Unis, les îles des Antilles, le Brésil, etc. Ces Africains provenaient essentiellement de Gambie, du Sénégal, du Libéria, de la Sierra Leone, de la Guinée, de la Côte-d'Ivoire, du Ghana, du Togo, du Dahomey et du Nigéria.

Une fois arrivés en Amérique, les esclaves étaient littéralement vendus à des propriétaires qui avaient tous les droits sur ses esclaves. Le propriétaire n’était pas obligé de nourrir suffisamment son esclave et pouvait le faire travailler autant qu’il le voulait, le battre, le mutiler, le fouetter ou même, le tuer. L’esclave était un bien, une propriété; il ne bénéficiait donc d’aucun droit.


L'Histoire des Noirs au Québec en 10 questions

 

1. Est-ce qu'il y a déjà eu des esclaves noirs au Québec ?

  • Oui. Dès 1688, le gouverneur de Nouvelle-France réclamait au roi de France des " cargaisons de nègres " pour la culture des terres, le défrichement et la construction des maisons.

2. Qui achetait les Noirs ?

  • Les communautés religieuses, des membres du clergé, des officiers, des marchands et de simples habitants.
   

3. Dans quelles conditions se passait le voyage pour ces esclaves ?

  • Les esclaves arrivaient par bateau comme un troupeau de bêtes ; ils n'avaient pas de nom, pas d'identité. S'ils étaient malades, on les jetait par-dessus bord tout simplement.

4. Comment les vendeurs annonçaient-ils leurs esclaves ?

  • Ils plaçaient des petites annonces dans les journaux en vantant leur " marchandise " : robuste, en bonne santé, bon cuisinier, apte à travailler la terre, sait raser, coiffer, etc.

5. En quelle année a eu lieu la dernière vente d'esclaves au Québec ?

  • En 1797.

6. Quel nom portait l'esclave affranchi ?

  • Il gardait le nom de son maître ou se choisissait un surnom.
  7. Qu'avaient autrefois en commun les Noirs et les Canadiens français ?
  • Ils poursuivaient le même objectif : se libérer de l'oppression. En 1793, les Noirs ont manifesté contre l'esclavage dans les rues de Montréal et il y avait des Canadiens français avec eux qui les appuyaient. En 1837, des Noirs ont participé au soulèvement des Patriotes, poussés par le désir de se débarrasser du gouvernement colonial corrompu.

8. Au début du 20e siècle, le gouvernement canadien a fermé ses portes à l'immigration noire. Quand les a-t-il ouvertes de nouveau ?

  • Dans les années 1950. On manquait alors de professionnels. On a ainsi fait venir des Noirs en provenance des Antilles françaises ou anglaises et, dans les années 1960, des scientifiques. Dans les années 1970, ce fut le " cheap labor ", fourni par Haïti.

9. Vers la fin du 19e siècle, dans quel secteur les Noirs ont-ils trouvé des emplois qui leur ont permis de sortir de la misère ?

  • Dans le secteur ferroviaire. Ils étaient porteurs pour le Canadien Pacifique. Avant la Première Guerre mondiale (1914), il restait seulement 12 porteurs blancs sur 200. Ils ont même créé un syndicat, l'un des premiers de notre histoire, pour améliorer leurs conditions de travail.

10. Pourquoi l'histoire des Noirs devrait-elle être plus connue ?

  • Parce que les Noirs ont participé à l'édification de notre pays. Ils ont défriché, construit des maisons. Ils se sont mêlés aux Blancs et aux Autochtones, ont fait des enfants. Ils se sont battus pour préserver l'intégrité du territoire et ils ont revendiqué la liberté aux côtés des Canadiens-Français.

Les impacts culturels de la traite des Noirs

La traite des Noirs a eu des impacts considérables sur les différentes cultures présentes aujourd’hui sur le continent américain. Au temps de la colonisation, les esclaves noirs arrivaient avec tout leur bagage culturel africain, avec leurs traditions, leurs croyances religieuses, leur langue, etc. Les colonisateurs ont tenté tant bien que mal de réprimer leur culture africaine, mais sans succès. Malgré les interdictions, les esclaves ont réussit, de différentes façons, à sauvegarder leur culture, ou du moins, une partie. Certains exemples de métissages culturels encore présents aujourd’hui dans les Amériques sont éloquents, en particulier au niveau des arts. En voici quelques exemples:

La capoeira au Brésil

La capoeira (qui se prononce ca-po-è-i-ra) est une danse brésilienne amenée par les esclaves africains du Brésil. Au départ, cette danse africaine appelée N’Golo consistait en une imitation du comportement des animaux. Elle a ensuite été adaptée pour camoufler un art martial pratiqué par les esclaves qui avait été interdit par les européens. Cet art permettait aux esclaves de s’entraîner et d’apprendre des méthodes de combat se nomme la capoeira. En effet, les Européens avaient peur que les esclaves se révoltent et c’est pour cette raison que la pratique de cet art martial a été interdit. Si un esclave était surpris à pratiquer la capoeira, il pouvait être tué ou torturé afin qui ne puisse plus jamais la pratiquer.

Les esclaves ont donc jumelé la danse N’Golo et l’art martial capoeira, afin que la pratique passe incognito aux yeux de leurs maîtres. Les esclaves se rassemblaient pour pratiquer la capoeira dansée et les surveillants des plantations où travaillaient les esclaves croyaient que ceux-ci ne faisaient que danser et s’amuser.

Malheureusement, après que l’esclavage eut été abolit au Brésil, certains gangs de rue se sont approprié la capoeira pour en faire une arme offensive lors de combats de rue. La capoeira fut alors de nouveau interdite, considérée comme beaucoup trop dangereuse et menaçante et elle tomba dans l’oubli.

Ce n’est que dans les années 30 que certaines personnes la pratiquèrent de nouveau et lui rendirent sa popularité en la pratiquant de manière beaucoup moins violente et en la rendant davantage esthétique. C’est ainsi que la capoeira a survécue au fil des années et qu’elle est encore pratiquée aujourd’hui, sous la forme d’un art martial dansé !

Le blues aux États-Unis

 Le blues est né aux Etats-Unis, de la rencontre culturelle entre les esclaves et les colons. Les esclaves noirs qui travaillaient aux champs de coton avaient l’habitude de chanter en travaillant et les colons, remarquant que cette pratique augmentait la productivité des esclaves, les laissaient faire. Le concept était le suivant : un travailleur lançait une phrase musicale et les autres répondaient en chœur. Cette rencontre culturelle s’est ensuite transportée jusqu’à l’église où les esclaves ont introduits des rythmes africains. Le blues serait à l'origine de la plupart des musiques du XXe siècle comme le rhythm and blues, le soul, le country, le folk, le rock and roll et même le jazz.

 

 

Le Candombe et le tango en Uruguay

En Uruguay, une tradition est enracinée dans la culture locale, il s’agit du Candombe (qu’on prononce Candômbé), un rythme musical joué sur des tambours spéciaux appelés tango. Ce rythme tire ses origines de l’Afrique. Des esclaves africains ont été amenés en Uruguay entre les années 1750 et 1846. À l’époque, les esclaves se servaient de cette musique comme un moyen d’expression pour transmettre toute la douleur et la souffrance qu’ils ressentaient d’avoir été déracinés et enchaînés. Avec le temps, le mot Candombe a aussi servi à désigner le lieu où les esclaves se réunissaient pour les célébrations musicales du Candombe.

Cependant, les Espagnols qui avaient colonisé l’Uruguay ont tenté d’interdire les Candombes en punissant tous ceux qui y participaient. Les Espagnols considéraient ces traditions comme une menace. Les esclaves durent alors se réunir clandestinement.

 

Encore aujourd’hui, ces rythmes sont joués dans des carnavals, dans des concerts, dans les rues. On estime qu’environ 6 % de la population uruguayenne actuelle est constituée des descendants d'esclaves Africains ayant perpétué ces traditions. Certains experts croient d’ailleurs que le tango que nous connaissons aujourd’hui, tient ses origines du métissage culturel entre les colons italiens et espagnol et de la culture des esclaves noirs présents à l’époque du colonialisme. Cette danse se serait aussi développée, en même temps, à Buenos Aires en Argentine.

 

 

 

 

Page actualisée en 2010