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Dossier : Les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés)

primaire    secondaire 1e cycle 2e cycle
  1. Qu’est-ce qu’un OGM ?
  2. Le génie génétique : une science récente… appliquée à une échelle commerciale
  3. Des risques pour notre environnement
  4. Des risques pour notre santé
  5. Pourquoi ces risques ?
  6. Un rendement accru
  7. Et une solution à la faim dans le monde ?
  8. Et les paysans ?
  9. Des précautions et des garanties… ?
  10. Et le consommateur ?

Par le collectif « O G M Danger Drôme »

Qu’est-ce qu’un OGM ?

Un O.G..M. (Organisme Génétiquement Modifié) est un organisme vivant qui a été créé artificiellement par l’homme en manipulant ses gènes.

Les techniques du génie génétique consistent à extraire un ou plusieurs gènes d’un organisme (virus, bactérie, animal ou végétal) et à les insérer dans le génome d’un autre organisme.

Ces transferts artificiels de gènes permettent de franchir les barrières entre espèces et produisent de « nouvelles espèces » jusqu’alors inconnues de l’Homme et de l’environnement.

Ces espèces modifiées dans leur structure génétique, en particulier les plantes transgéniques, sont éparpillées dans la nature et la chaîne alimentaire à une très grande échelle sans que leur impact sur l’environnement et la santé n’aie été bien évalué.

Le génie génétique : une science récente… appliquée à une échelle commerciale

Les techniques de transfert de gènes entre espèces amènent une rupture dans l’histoire de l’amélioration des plantes. Elles sont récentes et en pleine évolution. La première plante transgénique de laboratoire remonte seulement à une quinzaine d’années.

La première commercialisation d’une espèce génétiquement modifiée date de 1994. C'était une tomate à mûrissement retardé. Depuis, les Etats-Unis ont choisi de répandre massivement des OGM. Par contre, il n’est pas trop tard pour arrêter la vague transgénique en Europe.

Le rôle du gène dans le métabolisme est très complexe. Il provoque le mélange de protéines qui vont réagir avec l’organisme ou l’environnement. Manipuler des gènes signifie modifier le cours de l’évolution des êtres vivants pour des milliers d’années.

Des risques pour notre environnement

Les plantes transgéniques introduites dans les écosystèmes transmettent des milliards d’exemplaires de gènes manipulés qui peuvent être transférés à d’autres espèces. Les plantes modifiées peuvent échanger leurs gènes avec des plantes sauvages de la même famille.

Cette pollution génétique s’applique à des organismes vivants qui se reproduisent et se multiplient. Elle est irréversible, comme peuvent l’être certaines pollutions chimiques ou radioactives. Un gène qui « s’échappe » des plantes dans lesquelles il a été introduit ne peut pas être rapporté au laboratoire.

Un grand nombre de plantes sont manipulées génétiquement pour être tolérantes à des herbicides, comme le soja de Monsanto, premier OGM autorisé à l’importation en Europe. Il est résistant à l’herbicide Round-up, de Monsanto également. Les fabricants de l’herbicide vendent la semence et l’herbicide qui va avec les graines.

Conséquences :

La première des conséquences est d’aggraver la pollution des sols et des nappes phréatiques par l’utilisation de ces herbicides. De plus, le gène de tolérance à l’herbicide se transmettra aux mauvaises herbes apparentées, rendant l’herbicide inopérant à moyen terme et favorisant le développement de ces mauvaises herbes par rapport aux autres plantes.

Une autre manipulation génétique consiste à introduire dans les plantes un gène qui produit une substance insecticide les protégeant ainsi des insectes ravageurs. C’est le cas, par exemple, du maïs transgénique de la firme Novartis, autorisé en 1998 en France.

Les insectes deviendront alors résistants à l’insecticide, y étant exposés en permanence puisque la plante le produit en continu. Il deviendra inopérant, condamnant l’agriculteur à recourir à de nouvelles manipulations génétiques… jusqu’à l’accident biologique ?

Des risques pour notre santé

Des allergies plus nombreuses ?

Les allergies alimentaires sont provoquées par des protéines auxquelles l’organisme réagit fortement. Ce sont les gènes qui sont responsables de la fabrication des protéines. L’introduction de nouveaux gènes aux plantes cultivées pour la consommation humaine ou animale amène le mélange de nouvelles protéines, qui peuvent déclencher de nouvelles allergies. On connaît déjà le cas d’un soja « amélioré » avec un gène de noix du Brésil pour lequel il y a eu passage du pouvoir allergène de la noix au soja.

Une menace sur l’efficacité des antibiotiques utilisés en médecine…

Le maïs que la firme Novartis vient d’introduire sur le marché contient un gène de résistance à un antibiotique. Cet antibiotique est utilisé dans la lutte contre les bactéries pour l’Homme.


De nombreux scientifiques craignent le passage du gène de résistance à des bactéries du système digestif humain et animal. Cela aurait pour conséquence d’accélérer la perte d’efficacité des antibiotiques dans la lutte contre les maladies infectieuses d’origine bactérienne, qui est déjà un problème médical de grande ampleur.

Pourquoi ces risques ?

Malgré les risques irréversibles qu’ils comportent, nous retrouvons des cultures transgéniques à nos portes, des denrées alimentaires à base d’OGM dans les rayons de nos magasins… mais les avons-nous demandées, avons-nous été avertis de leur présence et surtout, nous a –t-on laissé le choix ?

Les multinationales agrochimiques et semencières ont réussi à imposer les OGM en vantant leurs soi-disant avantages, mais ont négligé leur devoir d’informations et de transparence. Quels sont donc ces prétendus avantages ?

Un rendement accru

La tolérance aux herbicides et la résistance aux insectes sont présentés comme des solutions aux problèmes d’environnement agricole. On nous affirme que les OGM vont diminuer l’utilisation des pesticides. Or, les pertes dues aux ravageurs et les solutions techniques et biologiques qui existent déjà pour s’en protéger ne justifient pas les risques potentiels irréversibles (car transmis de génération en génération ) que nous font courir les géants de l’agro-alimentaire en nous imposant les OGM.

Et une solution à la faim dans le monde ?

Il est légitime de vouloir nourrir correctement la planète, mais il n’est pas normal d’invoquer les 800 millions de sous-alimentés pour imposer une alimentation transgénique aux consommateurs du monde entier. Aujourd’hui, la faim dans le monde n’a pas comme seule origine le manque de nourriture. Ce ne sont pas des solutions techniques coûteuses qui permettront de la réduire, mais une meilleure répartition des richesses et des modes de productions.


Et les paysans ?

Les brevets constituent une menace pour les paysans et les pratiques agricoles. Les plantes brevetées sont surtout des OGM. Loin de nourrir le monde, comme le prétendent les firmes agrochimiques, les OGM fragilisent les systèmes agricoles et la biodiversité en enfermant le paysan dans une logique de dépendance et en diffusant un modèle d’agriculture industriel et intensif.

Re-semer une partie de sa récolte et échanger les semences entre agriculteurs sont des pratiques qui constituent le fondement de l’agriculture. Les brevets sont une atteinte à ce droit. Les agriculteurs deviennent ainsi les otages des multinationales de l’agrochimie. »

Des précautions et des garanties… ?

Les semences transgéniques sont le fruit de recherches coûteuses. Contrairement aux variétés conventionnelles, elles sont brevetées par les multinationales qui les ont modifiées. L’agriculteur doit donc payer le droit d’utiliser ces variétés brevetées. De surcroît, afin d’empêcher une « réutilisation » par les agriculteurs des semences issues des cultures précédentes (pratique courante depuis des siècles), les nouvelles lignées de plantes transgéniques auront été soumises à une technologie les rendant stériles.

Les multinationales comme Novartis, Monsanto et Agrevo sont des firmes privées qui ont investies des milliards dans le recherche sur les OGM. Leur but est de rentabiliser leurs travaux dans un temps minimum. A cette fin, elles ont écourté les tests concernant les plantes transgéniques et les ont introduites sur le marché américain grâce à des allègements de procédure concédés devant des intérêts économiques en jeu. Certaines plantes transgéniques (en particulier le maïs) ont également été autorisées à la culture en Europe, mais peu de pays ont fait usage de cette autorisation, faisant preuve d’une précaution justifiée.

Et le consommateur ?

Le consommateur n’a pas demandé à manger des produits dérivés d’OGM. Pourtant, ils sont importés, cultivés et utilisés clandestinement dans l’alimentation sans notre consentement et sans que nous puissions les reconnaître.

Les sondages effectués régulièrement en France montrent la préoccupation des consommateurs. Nous avons le droit de savoir ce que nous mangeons ; or la loi sur l’étiquetage des aliments génétiquement modifiés entrée en vigueur le 2 septembre 1998, ne concerne que 10 à 20% des produits à base d’OGM.

Pour nous assurer une consommation d’aliments sans d’OGM, il faudrait interdire tous les OGM. Pour le moins, nous devons exiger des fabricants, la garantie de la traçabilité de leurs produits, et donc la séparation des produits génétiquement modifiés et conventionnels.

Page actualisée en 2010